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Conscience et Absolu
L’enseignement final de Sri Nisargadatta Maharaj-(Consciousness and the Absolute. The final talks of Sri Nisargadatta Maharaj). de  Nisargadatta Maharaj
traduit de l'anglais par Jean-Michel Terdjman

Pendant plus de quarante ans Sri Nisargadatta Maharaj a guidé et inspiré tous ceux qui sont venus à lui ; doux, affectueux, patient ou abrupt, coupant, impatient selon les circonstances du moment, il a reçu des personnes en quête spirituelle venues du monde entier. Jusqu’à la fin, inlassablement, il dit et redit de ne pas se cramponner à tout ce que nous avons lu ou entendu, de chercher par nous-mêmes, de nous tourner vers l’intérieur ; d’être dans le « je suis » vrai, qui est aussi Conscience et Amour. Son style répétitif fait partie de sa sagesse et de son talent d’instructeur. Ces tout derniers entretiens représentent le meilleur de ce qu’il avait à nous offrir, la quintessence de sa sagesse. Conscience et Absolu est l’enseignement ultime de Sri Nisargadatta Maharaj.

N° ISBN : 978.2-86681-069-4
Année de parution : 1998
Prix: 18 €
Poids : 185 Grs
Nb pages : 128





Du même auteur :
  • Graines de concsience 
  • Sois ! 
  • Ni ceci ni cela 
  • À la source de la conscience 
  • Je suis 

    Du même traducteur :
  • Le Dos au mur 

    Extrait du titre


    INTRODUCTION


    L’enseignement de Nisargadatta Maharaj a été livré au public dans plusieurs livres, publiés sous la forme question-réponse des entretiens eux-mêmes. Des entretiens précédents, publiés par Maurice Frydman ou par moi-même, ont servi à nous montrer la voie de Maharaj. Beaucoup, en Occident, se sont mis à suivre cette voie. “Conscience et Absolu” représente une nouvelle étape de cette progression.
    Le lecteur peut trouver dans ce livre l’enseignement ultime de Sri Nisargadatta Maharaj, les dernières conversations qu’il eut avec ceux qui étaient venus du monde entier pour l’entendre. Ces entretiens au crépuscule de sa vie représentent le meilleur de ce qu’il avait à nous offrir, la quintessence de sa sagesse.
    Ces entretiens avaient lieu dans la petite chambre du haut, qu’il avait fait construire cinquante ans auparavant, pour pouvoir y méditer. Tant de personnes en quête spirituelle étaient venues l’y voir pendant plus de quarante ans! Et maintenant, dans ces jours douloureux de son cancer, sa parole était brève, réduite à un minimum. Il était absolument clair que son corps n’était que souffrance, et qu’en même temps il n’était pas son corps. Nous savions qu’il souffrait, il nous l’avait dit; mais aucune plainte ne s’échappa jamais de ses lèvres. Ce spectacle laissa une impression profonde sur ceux qui en furent témoins.
    Maurice Frydman donne cette description de Maharaj : “chaleureux, humain, plein d’humour, ne connaît absolument pas la peur, reste toujours fidèle à lui-même; il inspire, guide, et aide tous ceux qui viennent à lui”. D’autres l’ont comparé à un tigre. Il est ce que les circonstances du moment exigent : tour à tour doux, affectueux, patient, ou abrupt, coupant, impatient. Ses sautes d’humeur, comme une brise légère, se succèdent sans laisser de trace en lui.
    Maharaj n’a qu’un but, et c’est ce qui donne toute sa force à son message : “Cessez de vous cramponner à tout ce que vous avez lu t entendu et, simplement, SOYEZ. Vous participez de l’Absolu, et en tant que tel vous n’êtes pas ce soi-disant “sens d’être un Je”, [cet “étant”, cet “être moi”, auquel chacun s’identifie] ; mais, pour l’instant, vous êtes coincé dans ce “sens d’être un Je” ”. Il le dit, et il le répète inlassablement. Cette détermination dans la répétition prend tout son sens, quand on comprend à quel point est rigide la carapace construite autour du soi-disant ego, pour s’épargner toute remise en question; il faut marteler, et continuer à marteler, pour briser cette carapace. Ce style répétitif fait partie de sa sagesse, et de son talent d’instructeur.
    Il nous a dit de chercher par nous-mêmes, de peser ses mots, et de nous demander : “Est-ce vraiment possible?”. Il nous a dit que chacun doit comprendre ce qu’est notre existence corporelle, son origine, et l’étudier sans se mettre de la partie, l’observer sans idée préconçue. Alors on peut voir qu’on n’est qu’un robot, qui a été conditionné de l’extérieur. Il faut se tourner vers l’intérieur, vers ce que nous sommes vraiment, et nous identifier à cela.
    Une fois que l’on est dans le “Je suis” vrai (qui est aussi Conscience, qui est aussi Amour), cette Conscience va nous donner toutes les réponses. Nous sommes Conscience, non pas Conscience personnelle, mais Conscience impersonnelle, universelle. Avec le temps, la Conscience va nous montrer que nous ne sommes même pas cela, mais que nous sommes cet Absolu éternel, qui ne connaît ni la naissance ni la mort.
    Toutes les nuances de cette sagesse unique sont saisies au cours de ces derniers entretiens dramatiques avec ceux qui ont eu la chance d’être face-à-face avec Maharaj. Peut-être sa bénédiction vous touchera-t-elle, vous aussi, à travers les paroles que vous allez lire.

    Jean Dunn










    1er mai 1980

    Question : Comment un éveillé (jñani) voit-il le monde?

    Maharaj : Un éveillé a le sens de l’origine et de la valeur de la conscience, de cet étant [beingness] qui s’est révélé spontanément en lui. Cette même conscience joue une multitude de rôles, certains heureux, d’autres non; mais quel que soit le rôle, l’éveillé en est simplement le témoin. Ces rôles n’ont aucune influence sur lui.
    Tous vos problèmes se rapportent au complexe corps-esprit. En dépit de cette évidence, vous vous identifiez et vous vous cramponnez à ce complexe corps-esprit. Il en résulte que, quand vous parlez, par exemple, vous vous exprimez poliment. Pas moi. Je n’ai aucun sens des convenances. Je peux vous plonger dans l’embarras, à tel point que vous ne serez pas capable d’encaisser ce que je vous dis.
    Vous êtes bloqué par vos propres concepts, vos structures mentales. En vérité, votre seul amour est votre sens du “Je”; tout ce que vous faites, vous le faites pour lui. Vous n’agissez en faveur de personne —individu ou communauté— mais seulement pour ce “Je” que vous adorez.

    Q : Mais j’aime être actif, j’aime travailler.

    M : Toutes ces activités prennent place, mais ce n’est qu’un divertissement. L’état d’éveil et l’état de sommeil profond se succèdent d’eux-mêmes. À cause du sens du “Je” vous vous sentez l’envie de travailler, ça vous vient tout seul. Mais essayez donc de voir si ce sens du “Je” a une réalité derrière lui, s’il a ou non de la permanence.
    Ce “Je” qui fait son apparition est sans réalité. J’ai prouvé à quel point il est irréel. Dès qu’on a prouvé qu’il est irréel, qui donc sait ...




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