Africain Bouddhique Chrétien Chinois Contes pour tous les âges Hermès
Indien Islam Nature et sagesse Nlle collection Occidental Que suis-je ?
envoyez un mail commander ou nous écrire
    rechercher un ouvrage
ou un auteur
Afficher les nouveautés


John Tavener l'enchanteur
Une introduction à la musique du silence de Jean Biès

Sir John Tavener occupe une place éminente et singulière dans le concert des musiciens contemporains.
Rompant avec un art qui présente tous les signes d’une fin, il soutient la gageure d’un total retournement, faisant siennes les données de la « Tradition ». Il en trouve une remarquable illustration dans le chant liturgique byzantin dont il s’inspire et qui lui livre, entre autres, la tonique, l’« icône sonore », la « prière du cœur ».
La musique sensible n’est que l’écho d’une musique intelligible fondée sur certains principes qu’il s’agit de redécouvrir : la primauté des voix sur les instruments, l’homophonie, la répétition thématique, le dépouillement, la concision, la lenteur méditative, aboutissant à une musique de l’intériorité : une «musique du silence ».
Loin d’être abstraite et desséchée, c’est là une « métaphysique liquide », inséparable d’une tendresse toute maternelle : Mother and Child, d’une ferveur : Akathist of Thanksgiving, du don des larmes : Lament for Jerusalem. Cette inspiration chrétienne n’exclut pas de plus en plus d’apports venus d’autres religions, - instruments, langues, sonorités, notions -, que transmet la Philosophie pérenne et universelle, et que Tavener n’hésite pas à fondre dans ses compositions : le soufisme : The Beautiful Names, l’hindouisme : Flood of Beauty.
Ainsi, la musique est bien plus qu’elle-même : elle fait du cosmos une théophanie : Hymn of Dawn, convertit l’érotique en Amour sacré : Ikon of Eros, transfigure la mort : Fall and Resurrection. Bien plus, en aidant les hommes à retrouver leur essence, elle mérite d’être considérée comme instrument de réalisation spirituelle.
On devine l’importance et la profondeur dont se revêt une telle musique, laquelle ne se peut entendre qu’avec l’« oreille du cœur ».


N° ISBN : 2.86681.146.1
Année de parution : 2008
Prix: 18 €
Poids : 0 Grs
Nb pages : 140



Sur l'auteur :

Né à Bordeaux en 1933, Jean Biès fait des études de Lettres Classiques qui le destinent à l'enseignement. Sa thèse de Doctorat d'État porte sur la Littérature française et la pensée hindoue (Prix de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer, 1973).
La découverte, en 1951, des sagesses orientales – soufisme, hindouisme, taoïsme, ésotérisme chrétien, – déterminera toute son œuvre. Outre de nombreux articles, celle-ci se constitue d'une vingtaine de livres : essais théoriques, récits d'expériences vécues, poèmes, et se propose d'apporter à un monde qui a perdu son âme des solutions spirituelles, des « clés de vie ».
Aux Éditions Les Deux Océans Jean Biès a publié Sagesses de la Terre (1996), ouvrage consacré à la « philosophie de la nature », et à l'écologie dans sa dimension spirituelle, et Athos, ou La Montagne transfigurée (1997), témoignage sur l'Orthodoxie et ses éléments initiatiques, dont l'art de l'icône et la prière du cœur.

Du même auteur :
  • Athos 
  • Sagesses de la terre 
  • Par les chemins de vie et d'œuvre 
  • Les Eglises des monts. 


    Extrait du titre


    Avant-dire


    Si les anges n’existaient pas, la musique de John Tavener en démontrerait ineffablement l’existence. Et ce, beaucoup mieux que tous les traités de théologie dont le feuilleté laborieux voudrait se faire passer pour un bruissement d’ailes.
    John Tavener fait partie de ces rares musiciens, - que la France se doit de cesser d’ignorer -, ausculteurs de l’inaudible, qui tentent de capturer aux mailles de leurs filets de notes les échos d’une musique ultramarine, d’outre-ciel, si l’on préfère, en adoptant la seule démarche qui convienne en l’occurrence, la démarche anagogique ( x).
    Mais pour suivre John Tavener dans ses intentions ultimes, toute une préparation s’impose, par laquelle lui-même est d’abord passé. Il convient d’apprendre avant tout à se déconditionner non seulement des mécanismes musicaux acquis depuis cinq ou six siècles par l’oreille occidentale, et considérés par la Tradition comme déviationnistes, mais de tout l’environnement sensoriel et mental qui imprègne l’époque où nous vivons.
    Tant que l’on ne se trouve pas en mesure de déposer à l’entrée de cette œuvre en forme de sanctuaire les soucis, sollicitudes et vanités de ce monde, d’y laisser s’évanouir l’insignifiant et le dérisoire qui opacifient nos existences, de refuser les poisons dont nous sommes faits : scepticisme, réductionnisme, nihilisme, il convient d’admettre que l’on n’est



    pas prêt à recevoir une musique toute faite, au contraire, de sérénité, de détachement, de nostalgie, de tendresse et de plénitude, se déployant de page en page en un immense Adagio décalquant le Grand Ailleurs; il convient d’admettre que l’on ne s’est pas encore rendu digne d’accueillir une telle musique, ou plus exactement, de se faire admettre et accueillir par elle. Ce qui convient au préalable est de se refaire une autre oreille, de subir, - risquons le terme - : une otoplastie, - de se refaire plus qu’une oreille interne : une oreille intérieure, autrement dit, l’oreille du cœur.
    C’est, gardant en mémoire la triple répartition des degrés de l’art, rejoindre le plus haut d’entre eux, s’y tenir. Par delà l’art profane, qui se contente du monde des sens, celui des cercles les plus extérieurs et descriptifs, limitant la réalité aux horizons de l’illusoire, par delà l’art religieux, qui repose sur le clair-obscur des sentiments, sur le subjectivisme ou le formalisme académique, existe une autre sorte d’art, l’art sacré, qu’on peut qualifier d’objectif, et qui relève du Sens, et non des sensations, du Cœur, et non des émotions, de l’Intellect, et non des ingéniosités et acrobaties mentales. Il est l’art par excellence, où Frithjof Schuon, en éminent représentant de la Philosophie pérenne, distingue et unit à la fois la noblesse du contenu, inhérente au sujet choisi, l’harmonie de la composition en rapport avec la justesse des proportions et du symbolisme, la pureté du style, liée aux modes d’expression.
    Or, c’est bien cette triple préoccupation qui préside aux œuvres de Tavener, les anime, les fait être.











    I
    John Tavener et les autres

    L’originalité d’un homme comme John Tavener, ou mieux, sa singularité, se déclare sans ambages dans ses Entretiens avec Brian Keeble ( 1) : « Nous vivons dans un temps où l’homme non seulement a perdu sa foi en Dieu, mais il a aussi perdu sa foi en lui-même ». Peut-être pas autant que cela, si l’on en croit l’exaltation permanente de l’homme dans toutes ses performances et ses surpassements de soi. Mais ce qu’il faut comprendre ici, c’est que la foi en lui-même que l’homme a perdue, c’est celle de pouvoir modifier sa conscience, la purifier radicalement, l’améliorer jusqu’à pouvoir en certains cas atteindre à l’incroyable : coïncider avec le Divin, le devenir par un anéantissement total du moi à l’avantage du Soi. C’est la fausse excuse qu’il donne, cette feinte humilité (« Je ne suis pas capax Dei »), qui rend en réalité l’homme moderne démentiellement orgueilleux, le fait se substituer au Créateur, et prenant la voie d’en bas pour celle d’en haut, s’autodiviniser au lieu de se déifier. « Nous sommes, précise encore Tavener, sous l’emprise de quelque chose de terrible qui nous conduit à une catastrophe sans précédent ». Et d’ajouter que la musique est susceptible malgré tout d’aider à sortir de l’impasse. Mais une musique libre de toute violence, de toute angoisse. Il y faut, à la limite, un saint, c’est-à-dire un être qui se fait aussi simple et transparent que l’est la nature, et aux pieds duquel viennent se coucher les bêtes sauvages en souvenir du paradis.

    ...





  • Les prix sont donnés à titre indicatif et sont susceptibles d'être modifiés, notamment lors des réimpressions.

    Index des titres Index des auteurs Nouveautés Nous contacter Partenaires