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Ylang-ylang, Mayotte l'île en ylang
de Marie Céline Moatty et Yves Moatty Illustrations de Marie Charlotte Grandry
Ylang-ylang ou la magie d’un mot. Magie des selves sauvages aux senteurs chaudes et sensuelles. Magie du chant d’oiseaux multicolores et du grognement de makis moqueurs. Que savons-nous pourtant de cet arbre mystérieux et de sa fabuleuse épopée ? C’est pour nous conter celle-ci que Marie Céline et Yves Moatty se sont lancés sur les traces de ces hardis navigateurs, de ces savants explorateurs qui, aux siècles derniers, plongèrent joyeux au cœur des mers du Sud en quête autant d’amours et d’aventures que d’épices et d’espèces précieuses. Invitation au grand voyage de l’ylang, ce livre aux riches illustrations nous aide à découvrir l’histoire, la culture, la distillation, les innombrables richesses et vertus curatives de cette danseuse des îles. Il nous offre un tableau coloré de sa terre d’élection, Mayotte, l’île en ylang.
N° ISBN : 978.2.86681.155.6 Année de parution : 2007 Prix: 16 € Poids : 185 Grs Nb pages : 144
Du même auteur :
Plus loin que les îles
Extrait du titre
Préface
Pourquoi l’ylang-ylang ? C’est avec cette question que Marie Céline Moatty nous invite à son merveilleux voyage au pays de cette fleur dont le nom est à lui seul une invitation à découvrir ces îles paradisiaques où la végétation palpite et respire.
Pourquoi l’ylang-ylang ? Cette interrogation je me la suis posée des milliers de fois durant ces dernières décennies. En grand amoureux des matières premières naturelles, mon champ d’action olfactif est vaste mais cette odeur voluptueuse qui transgresse les tabous de l’évasion et de l’ivresse m’a littéralement envoûté au point de me pousser à m’installer en 1991 comme producteur à Mayotte.
Dès que j’ai commencé vers l’âge de dix-sept ans à plonger avec délice dans les effluves odorants, la « Cananga odorata » fut très certainement mon premier amour. Mais contrairement à la logique de la vie amoureuse qui fait vivre les premiers émois dans les limbes du souvenir, l’ylang-ylang a pris possession de mes sens et de ma vie pour devenir une vraie et grande passion.
Je suis devenu un séducteur d’ylang, parcourant le monde à la recherche de la qualité la plus rare et la plus exclusive car, bien entendu, je suis jaloux. Cette quête amoureuse m’a fait parcourir le monde dans une joie permanente, houleuse bouillonnante qui noyait les déconvenues. Comme l’eau cachée sous la terre, ma soif de découvrir une variété encore inconnue ne se voyait pas mais se ressentait. Puis un jour, j’ai posé mes valises dans un coin perdu d’Afrique, à Mayotte, petite île située dans l’archipel des Comores. Malgré les difficultés de toutes sortes, les tracas administratifs, je ne peux que me réjouir d’avoir répondu à l’appel de cette fleur car j’ai la certitude que rien n’est plus merveilleux que de se laisser posséder par ses effluves chauds comme le soleil et doux comme les reflets de la nacre sur les plages. Le parfum de la fleur à peine dévoilée est comme la fulguration d’un bonheur à venir. Jean-Paul Guerlain
Pourquoi l’ylang-ylang ?
Comme le parfum dans la fleur le Seigneur est dans ton cœur ! Kabîr
Et bien oui, pourquoi pas l’ylang-ylang ? me dis-je en m’extirpant ce jour-là de l’étroit bureau de mon éditrice, entre deux piles de cartons instables et deux sacs postaux pleins à craquer d’ouvrages prêts à l’expédition. Le ciel était triste et gris à Paris. Je n’avais pas pu m’empêcher de vanter les couleurs vives et la nature exubérante de mon île d’adoption, Mayotte, l’île aux fleurs. Sans doute avais-je été irrésistible en évoquant mes balades au milieu des champs d’ylangs odorants lorsqu’à la tombée du jour toute l’atmosphère est emplie d’un parfum de Guerlain, de Dior, de Chanel ou de Nina Ricci. Saisissant la balle au bond, Marie Charlotte enthousiasmée me demanda aussitôt de transcrire mes impressions. Ainsi est née l’idée de ce livre. Si vous n’aimez pas écrire, ne fréquentez pas les éditeurs !
Un premier séjour à Mayotte, en 1982, m’avait gavée d’émotions olfactives. Alors l’arbre à parfum recouvrait l’île. Alors fleurissaient les vallées de Cavani, Kawéni, Kangani, Miangani, Shimatso, Longoni… L’intérieur était difficile d’accès. Des pistes de latérite rouge coupaient une mer verte et voluptueuse, caressée par la brise. Tout avait le goût sauvage de l’insolite. Je croisais des hommes revenant des champs, le shombo à la main, que suivaient leurs femmes, un régime de bananes sur la tête. Derrière venaient des marmailles croulant sous le poids des branchages. Ils semblaient pauvres, mais tous avaient un grand sourire aux lèvres : Jéjé Mwenye na Mabweni… Jéjé wanatsa… Bonjour Monsieur et Mesdames… Bonjour les enfants…
Vingt ans plus tard… De retour sur l’île au lagon, ce fut le choc. Tous les ylangs avaient disparu de Cavani à Kawéni, de Kangani à Longoni. À Mamoudzou, la capitale, le béton avait poussé de tous côtés, le goudron recouvrait les pistes poussiéreuses. L’effluve dominant n’était plus celui du Cananga odorata mais le gasoil des voitures. Pour l’instant, le reste de l’île est encore préservé. Avant qu’il ne soit trop tard, avant que ne disparaissent les derniers témoins avec les derniers champs d’ylangs, je voudrais vous raconter son histoire.
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Je voudrais vous raconter mon histoire. Au fin fond de ma mémoire fleurit un petit jardin secret. Là se cachent mes souvenirs, mes sensations, mes émotions visuelles et olfactives. Là réside le ressort de ma joie… Pourquoi ai-je toujours aimé les fragrances aux noms évocateurs ? Samsara de Guerlain évoque pour moi la beauté fugace de la vie et l’éternel retour des mondes que scande la danse sacrée des apsaras ; Mitsouko, la grâce des geishas savourant la paix précaire d’un monde flottant entre deux batailles de samouraïs ; Shalimar, les mystères de l’Orient et l’éveil des sens… Mais il est un parfum qui pour moi surpasse tous les autres, un parfum pour qui je donnerais la musique des sphères, un parfum que je reconnais au milieu de mille autres : ce parfum qui me fait remonter le temps, c’est celui de mon enfance. Je le retrouve encore parfois lorsque j’ouvre par hasard une vieille armoire familiale et que je tombe sur un vêtement porté par celle qui m’a donné le jour… L’Air du temps de Nina Ricci enveloppait la frêle silhouette de ma mère, si aimante, si soucieuse de mon bonheur, dont j’ai jusqu’à la fin été si proche. En souvenir du doux parfum de maman, de sa douceur, je vous invite au voyage au pays de l’amour, au pays des senteurs…
Je vous invite au cycle magique des parfums, des couleurs et des sons…
Marie Céline Moatty Mamoudzou
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Table des matières
La dernière mode...9 Préface...11 Pourquoi l’ylang-ylang ?...13 La fine fleur des îles...21 D’île en ylang...27 Ta couche d’ylang...35 En quête des parfums de l’Éden...43 Danseuse des îles...55 Tes yeux d’ylang-ylang...69 Grands bras qui font adieu...71 À l’aurore des arômes...75 Moi, je m’étage…...81 Mort et résurrection...89 D’un alambic à l’autre ...95 Femme fleur...107 Alchimie du rêve...111 Chamade...115 La course de l’ylang-ylang...117 Ylang et sari langlang...121 Glossaire...127 Bibliographie...133
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